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Rubrique: Science et Technologie

SpudCell: la première cellule entièrement synthétique capable d’accomplir un cycle de vie complet

Une équipe de l’Université du Minnesota annonce la création d’une cellule fabriquée uniquement à partir de composants chimiques inertes, capable de croître, de se nourrir, de répliquer son génome et de se diviser sur plusieurs générations, un résultat que ses auteurs qualifient d’historique.

Par la rédaction scientifique d’ALBATROSSNEWS

Minneapolis, le 6 juillet 2026.

Une équipe internationale rattachée au Collège des sciences biologiques de l’Université du Minnesota, réunie autour de la professeure associée Kate Adamala et du professeur associé Aaron Engelhart, vient de dévoiler SpudCell, la toute première cellule entièrement synthétique capable d’accomplir un cycle de vie complet. Construite uniquement à partir de composants chimiques non vivants, cette cellule artificielle parvient à croître, à se nourrir, à répliquer son propre génome puis à se diviser, reproduisant en laboratoire ce que seule la biologie savait faire jusqu’à présent.

Le nom SpudCell fait référence, avec un clin d’œil, au satellite Spoutnik, premier objet fabriqué par l’homme à avoir atteint l’orbite terrestre. De la même manière, cette cellule artificielle pourrait marquer le premier pas d’une nouvelle ère, celle de cellules entièrement conçues et programmées par des scientifiques plutôt qu’issues de l’évolution naturelle.

Un cycle de vie complet, une première mondiale

La biologie synthétique avait déjà connu un moment marquant en 2010, lorsqu’une équipe américaine était parvenue à faire fonctionner une cellule bactérienne pilotée par un génome entièrement synthétisé chimiquement. Les cellules obtenues à l’époque se divisaient toutefois souvent de façon irrégulière, produisant des formes anormales ou une croissance instable.

SpudCell change la donne en rassemblant, pour la première fois dans un seul système, l’ensemble des comportements caractéristiques du vivant: sélection, réplication du génome, croissance, acquisition de ressources par nutrition, et division programmée génétiquement. Autre particularité remarquable, elle se divise sans le moindre cytosquelette. La cellule s’appuie plutôt sur des protéines qui s’accumulent contre la membrane jusqu’à provoquer, par simple encombrement, la scission en deux cellules filles.

Un génome minimal, plus petit que prévu

Le génome humain comporte environ 3 milliards de paires de bases. Certains biologistes estimaient jusqu’ici qu’un génome capable de soutenir une cellule vivante ne pouvait descendre sous 113 000 paires de bases. Celui de SpudCell les surprend tous: il ne compte que 90 000 paires de bases, un record qui redéfinit ce que l’on pensait être le plancher minimal du vivant.

La sélection darwinienne observée en éprouvette

Pour tester la capacité de SpudCell à évoluer, l’équipe a introduit une modification génétique augmentant la production d’une protéine de fusion. Résultat: les cellules porteuses de cette modification ont grandi plus vite et produit davantage de descendants. Après seulement cinq générations, cette variante plus performante avait totalement supplanté la cellule d’origine. L’avantage se révélait encore plus marqué lorsque les ressources nutritives venaient à manquer, preuve qu’un système entièrement chimique peut, lui aussi, se soumettre aux lois de la sélection et de la compétition.

« Pas d’étincelle magique »

Selon Kate Adamala, ce projet représente possiblement l’accomplissement le plus stimulant de sa carrière. « Nous avons reproduit en chimie ce qui n’était possible qu’en biologie », confie t elle, ajoutant que la croissance et la réplication ne nécessitent pas d’étincelle magique.

Vers de nouvelles applications, mais un chemin encore long

Cette avancée ouvre, selon ses auteurs, un vaste champ de possibles pour la médecine, les matériaux et la chimie industrielle. Des cellules comme SpudCell pourraient un jour fabriquer des médicaments à partir d’acides aminés que l’évolution n’a jamais utilisés, ou produire de nouveaux matériaux par croissance plutôt que par synthèse chimique classique, le tout à des températures proches de celles du vivant plutôt qu’aux conditions extrêmes de l’industrie.

Des défis subsistent néanmoins. Le génome de SpudCell demeure aujourd’hui réparti sur sept plasmides distincts qu’il faudra parvenir à réunir en un seul génome stable, tout en développant une machinerie moléculaire supplémentaire.

Kate Adamala résume que ces travaux ne représentent qu’un point de départ, laissant entendre que d’autres avancées viendront dans les mois et les années à venir.

Par la rédaction scientifique d’ALBATROSSNEWS, d’après les travaux publiés par l’équipe de l’Université du Minnesota, juillet 2026.

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